Semaine européenne de l'Open Data par tous et pour tous : du 21 au 25 mai à Nantes

publié le 18/04/2012 par Amandine Brugière, 0 Commentaires
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L’Open Data par tous et pour tous : acteurs publics, entreprises, journalistes, chercheurs, associatifs, innovateurs et vous !

 

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Nous vivons aujourd’hui dans un monde de données sans que nous en ayons toujours conscience. Le développement exponentiel des données (par la multiplication des informations et contenus sur le web, par les traces d’usages laissées par tous les équipements numériques, par la dématérialisation d’un très grand nombre d’actes, de services, de contenus) a déjà un impact direct sur les vies des citoyens connectés, via :

  • la publicité et le marketing ciblés,
  • les nouveaux services "aux publics" comme ceux qui ont émergé dans le champ de la mobilité, ou de la citoyenneté,
  • les nouvelles formes de journalisme des données,
  • les initiatives de co-production de données : comme les cartographies participatives
  • etc. 
Le mouvement d’Open Data initié depuis quelques années par des organisations publiques ou privées vient amplifier cette dynamique. Depuis 2012 des données sont ouvertes massivement afin qu’elles puissent être réutilisées par des tiers.

Jusqu’à présent, cette dynamique a surtout intéressé un cercle restreints de spécialistes : acteurs publics, entreprises réutilisatrices de données, journalistes. Or il n’y aura d’appropriation véritable et de création de valeurs que si le périmètre des utilisateurs s’élargit, si un plus grand nombre de personnes se sent concerné et devient réutilisateurs/co-producteurs de données. Il est nécessaire désormais de sortir des premières expérimentations - l’âge des pionniers - et de réussir la phase d’appropriation par le plus grand nombre.

 

La FING, LiberTICl’ePSiPlateform et l’Université de Nantes organisent une semaine complète dédiée à l’Open Data du 21 au 25 mai à Nantes :

Venez :

  • Participer à des ateliers et découvrir des projets innovants : plus d’une trentaine d’ateliers prévus sur toute la semaine
  • Ecouter des spécialistes et débattre avec eux lors des conférences nationale, européenne, et internationale,
  • Comprendre les grands enjeux scientifiques autour de l’Open Data et du web des données


  • 4 temps forts

1. Ateliers participatifs sur le territoire  Lundi 21 au mercredi 23 mai Des ateliers ouverts grand public animés par une vingtaine d’entreprises, associations, écoles, collectivités… pour débattre, enrichir (cartopartie), manipuler des données (hackaton), découvrir des projets. Proposez vos animations !

2. Conférence nationale “Au-delà des expérimentations”  Jeudi 24 mai Comment faire émerger un plus grand nombre d’usages autour des données ouvertes, et élargir les publics réutilisateurs ? Comment pérenniser les applications et services déjà existants ? Comment maintenir la dynamique ?

3. Conférence internationale “Everybody shares data” 
Vendredi 25 mai Au-delà des acteurs publics, tout le monde peut produire des données ouvertes. Et si les entreprises, les associations, les communautés se mettaient à ouvrir grand ou co-produire leurs données ?

4. Conférence scientifique internationale  Vendredi 25 mai L’Open Data est un sujet d’actualité pour de nombreux chercheurs internationaux. Cette conférence scientifique dresse un état des lieux de la recherche dans les domaines des “big data”, du web sémantique, du cloud computing, de la datavisualisation… L’appel à communication est ouvert !

La manifestation est gratuite et ouverte au plus grand nombre, grâce au soutien du Conseil Régional Pays de la Loire, duDépartement Loire-Atlantique, de la ville de Nantes et Nantes Métropole.

A partir du 24 avril, mis en ligne du programme des conférences et des ateliers sur www.opendatawek.org. Si vous souhaitez être alertés, merci de laisser vos coordonnées ici.

Suivez l'événement sur twitter #odwnantes

Cette semaine est organisée par :

Cette semaine est soutenue par : 
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Invitation au workshop "Habita[n]ts connectés" : DE NOUVEAUX USAGES NUMÉRIQUES DANS L’HABITAT, DE NOUVEAUX SERVICES POUR LES HABITANTS

publié le 06/03/2012 par Amandine Brugière, 0 Commentaires
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logo habitants connectés

Workshop "Habita(n)ts Connectés" - 13 mars, 13h30-18h

Siège du groupe La Poste, 44 Boulevard de Vaugirard, Paris 15e

 Les technologies numériques ont envahi l’habitat par le biais des téléphones portables, ordinateurs individuels, des consoles de jeux, etc. La maison « intelligente » imaginée il y a plus de 20 ans se révèle être avant tout une maison ommunicante, relationnelle, traversée continuellement par des flux – physiques et électroniques – de biens, d’informations, de contenus, de personnes, que l’habitant s’efforce de gérer, de maîtriser ou parfois de déconnecter. 

Ces technologies sont en train de transformer durablement les manières d’habiter, l’habitat, ainsi que les objets, le mobilier qu’il contient. Il en résulte de nouvelles perspectives d’usages et de vivre ensemble pour les habitants, de nouveaux services à délivrer pour les fournisseurs/opérateurs, mais aussi de nouveaux problèmes pour lesquels il faut trouver des améliorations, des solutions. 

Après une année de travail avec ses partenaires, l’expédition "Habita[n]ts Connectés" de la Fing et le Groupe La Poste invitent les professionnels de l’habitat et du numérique à venir découvrir et discuter ensemble les pistes d’innovation qui en sont ressorties. 

Comment transformer ces pistes en innovations concrètes ? Venez relever le défi ! 

Inscrivez-vous dès maintenant. Attention nombre de places limité à 70 !

 

 

Habita[n]ts Connectés : 4 territoires d’exploration, 17 pistes d’innovation et 5 scénarios vidéos à découvrir


partenaires FING

 

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L'appropriation par le plus grand monde - Rencontre Citélabo OpenData du 30 Novembre 2011

publié le 19/12/2011 par Marine Albarede, 0 Commentaires
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Lors de la 4e rencontre du groupe de travail Citélabo OpenData, le 30 novembre à la mairie de Paris, les échanges ont porté sur l'appropriation par le plus grand nombre.

Le mouvement d’Open Data fera-t-il l’objet d’une large appropriation citoyenne ? Alors que les initiatives d'Open Data se multiplient au sein des collectivités, et de l’Etat (mise en ligne d’EtaLab), mettant en avant des objectifs multiples (citoyens, économiques, une volonté d'améliorer les services rendus aux usagers), il est pertinent de se questionner sur les vertus citoyennes, attendues et avérées à ce jour, de l'open-data.

Et si l’ouverture des données ne produisait aucune amélioration des exigences collectives de transparence, de participation démocratique, ou d’exercice de la citoyenneté ? questionnait Jacques-François Marchandise en introduction de cette rencontre.

Comment construire les conditions de réussite de la rencontre entre démocratie participative et open data ?

 

1 - La rencontre entre deux mondes…

La rhétorique politique de l’Open Data  fait, à côté des enjeux économiques, une large place aux enjeux citoyens : la transparence des données, l’amélioration du service rendu aux usagers, l'augmentation des capacités d’interpellation citoyennes, etc. Paradoxalement, les acteurs portant la dynamique, dans le secteur public comme associatif, sont issus généralement d’univers plus techniques. Ils disposent en cela d’une bonne compréhension des enjeux technologiques (les formats d’accès, les licences de réutilisation, les bases de données…), ce qui est heureux car la technique n’est jamais neutre, rappelait Laurence Monnoyer-Smith. Mais pour les néophytes, ces enjeux apparaissent facilement « technicistes », et peu attrayants.

C’est peut-être pour ça que les acteurs traditionnels de la démocratie participative, associatifs, militants, ne se sont pas emparés du sujet jusqu’à présent. Sujet qui n’est pas sur les agendas, précisait Pascal Aubert, Vice-président de la Fédération des Centres Sociaux et socioculturels et président de l’ADELS. Endossant volontairement dans cette assemblée un rôle de « représentant du reste du monde », Pascal Aubert s’alarmait d’un gap d’usages dans la population, et d’un manque de compréhension des enjeux des outils numériques.

Les conditions du croisement de ces deux mondes restent à construire. D’ailleurs cette rencontre est-elle vraiment souhaitée ? Bernard Pissaro, de l’Institut Renaudot et du collectif Pouvoir d’Agir faisait part de la difficulté d’accéder à certaines données par exemple celles liées à l’insalubrité des logements (cf. saturnisme), ou à la santé publique (cf. chiffres statistiques nationaux du cancer du sein. Ces données existent à des échelles micro-locales, mais leur consolidation nationale n’est pas partagée). Les institutions et les décideurs rechignent à communiquer des données sensibles, pouvant mettre à jour un défaut d’action publique.

 

2 – La transparence et le droit d’accès à l’information, une histoire ancienne

Transparence et droit d'accès à l'information ne sont pas nés avec l'Open Data, et sont globalement des exigences anciennes en Europe ; la volonté de transparence était déjà consacrée par l'article 15 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, par ces termes : « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration  ». A la fin des années 70, en pleine période d’informatisation des administrations, La loi CADA est venue rajouter une possibilité supplémentaire d’accès aux documents administratifs.

La transparence et le droit d’accès à l’information se retrouvent ensuite mis en avant dans tous les programmes successifs d’e-administration (programme Pagsi sous le gouvernement Jospin, le plan ReSo sous Raffarin …).

La transparence ne crée pas à elle seule la confiance, rappelle Stéphanie Wojcik, maître de conférences à l’université Paris Est Créteil citant les travaux de Regina Connolly et Frank Bannister. Or dans l’Open Data, c’est la transparence des données qui est retenue, non pas celle du processus politique.

L’association Regards Citoyens est venue à l’Open Data par ce biais-là : une vigilance portée à la transparence des processus et des actions en politique, explique Benjamin Ooghe-Tabanou. Le mouvement d’ouverture des données est arrivé à point nommé, offrant des outils supplémentaires. Nosdeputes.fr, lancé par l'association a ainsi fait de la réutilisation des données disponibles un principe. Fort de 1600 inscrits, le site fait aujourd'hui l'objet d'une participation régulière et de contributions fournies. 

Mais le succès et la notoriété de Regards Citoyens ou LiberTIC ne doivent pas cacher leur caractère d’exception dans le panorama français. On peut même s’étonner aujourd’hui de la multiplicité des discours sur les vertus citoyennes de l’Open Data au regard de la modestie des réalisations.

Il faut noter aussi, dans les discours politique, la confusion qui règne entre Open data / démocratie / transparence / participation, précise Stéphanie Wojcik. Laisser croire que l’Open data équivaudrait à une plus grande transparence, qui équivaudrait mécaniquement à une meilleure participation citoyenne…pourrait être risque de désillusion.

On peut se demander par exemple si la récente ouverture du portail français ETALab va  servir à un plus grand contrôle des gouvernants par les citoyens. Sans doute est-il une brique nécessaire, mais pas suffisante. « Quand on a analysé par les chiffres que les réseaux d’eau étaient de meilleure qualité dans tel quartier riche plutôt que tel autre plus pauvre, comment faut-il s’y prendre pour agir en tant que citoyen ? » questionnait un participant… 

 

3 - « La force de la donnée c’est d’être partagée ».
Pour un service public « grand ouvert »

Avec l’Open Data, la problématique de l’accès à l’information est dépassée. La donnée brute n’est pas de l’information, elle n’a pas de pouvoir en soi. L’accès aux données est un préalable, mais n’est pas suffisant pour être « performatif ». « La force de la donnée c’est ce qu’on en fait », c’est-à-dire comment et avec qui on la partage, comment on la réutilise, on la compare, ce qu’elle produit comme informations supplémentaires.

Il est nécessaire de faire de la pédagogie auprès des utilisateurs finaux pour faire connaître les potentialités de l’OpenData, mais aussi auprès des acteurs publics pour qu’ils identifient un périmètre large d’utilisateurs de la donnée.

C’est tout l’objectif de l’enquête mise en ligne par Orange Labs et Owni, en partenariat avec EveryDataLab et la FING. Une démarche aussi inédite qu’originale, « Où habitez-vous vraiment ?  ».

Il s’agit d’analyser les décalages entre les perceptions spontanées que les habitants ont de leur territoire et la réalité renvoyée par les chiffres, expliquent Valérie Peugeot, prospectiviste à Orange Labs, et Marie Cousin d’Owni. A la fin du questionnaire, lors de l’analyse des résultats, beaucoup d’autres thèmes sont présentés ; le questionnaire aurait pu les aborder si les données avaient été accessibles.

L’Open Data, c’est un véritable changement de paradigme pour l’acteur public. C’est une nouvelle posture d’ouverture et de participation, bien plus importante que celle vécue jusqu’à présent. Car la valeur produite vient du partage de la donnée, de l’ampleur et de la pertinence de sa réutilisation. Or celle-ci ne se fera pas forcément spontanément. L’acteur public va devoir jouer un rôle fort d’animation pour faire connaître les données existantes, pour inciter, soutenir, induire des réutilisations, etc. Il va aussi être en posture de réutilisateur de données produites par d’autres acteurs publics.

Or au-delà des services qu’il rend et des droits régaliens, le service public est habituellement peu concerné par ce qui lui est extérieur. Cette tension entre une conception fermée du service public et l‘ouverture des données est significative de l’innovation de rupture, explique Laurence Monnoyer-Smith.

Les « évangélistes  » de l'open-data affirment d'ailleurs 3 grands objectifs citoyens, rappelle Valérie Peugeot, sous-tendant des changements organisationnels clairs : l'amélioration des services publics, qui dépasseraient ainsi la logique traditionnelle de silo, le changement des rapports entre l'intérieur et l'extérieur de l'administration, et des vertus en matière de transformation de l'action publique.

 

4 - Des besoins d’intermédiaires
Pour un secteur associatif concerné

Cette innovation de rupture n’épargne pas non plus le secteur associatif, qui va devoir prendre à bras le corps la problématique de l’Open Data dans toute sa complexité, dont technique. Habituellement, le numérique participe plutôt à diminuer les intermédiaires en développant des systèmes plus « horizontaux ». Dans le cas de l’Open Data, l’horizontalité exige de s’adjoindre de nouvelles compétences : journalistes-chercheurs, analystes de la donnée, statisticien, graphistes… pour analyser, trier, comprendre le sens de la donnée et du croisement de données, pour les représenter…

L’association LiberTIC , animée par Claire Gallon à Nantes, s’est attelée depuis longtemps à créer des ponts entre des mondes qui ne se connaissent pas ; d’abord par le biais de l’insertion numérique des publics. Aujourd’hui elle accompagne les associations de l’économie sociale et solidaire sur la voie de l’Open Data.

 

5 - Quelques pistes d’actions possibles

Laurence Monnoyer-Smith, de l'Université Technique de Compiègne, concluait cette journée, en rappelant que si les tensions sont nombreuses, elles devront indéniablement être surmontées pour que l'open data fasse l'objet d'une appropriation par le plus grand nombre. Plusieurs propositions étaient évoquées, en écho aux échanges de la journée, pour aller dans cette direction : 

La dimension politique des choix techniques
La choix des licences, dans un processus d'open data n'est pas anodin, et doit faire l'objet d'une vraie réflexion ; loin d'être un aspect seulement technique, ce choix a une véritable dimension politique.

Les différents modèles de licences ouvertes (CC-by, CC-by-SA, ou encore la licence ODBL...) sont à choisir en fonction de la finalité des projets : la licence CC-by-sa, copyleft, va ainsi permettre une redistribution presque à l'infini, et un « cercle vertueux » de la réutilisation ; la licence ODBL va elle encourager le réutilisateur à enrichir la donnée s'il la réutilise ; c'est la licence dont s'est inspirée Paris dans sa démarche d'Open Data, rappelle Jean-Philippe Clément, Chargé de mission TIC à la ville. Ces modèles devraient à priori coexister, au moins pendant quelques temps, selon Benjamin Ooghe-Tabanou de Regards Citoyens, mais confirment le rôle donné au crowdsourcing et plus globalement au citoyen dans l'open-data.

Une définition collective des données
Le Conseil Général de Saône-et-Loire, premier département engagé dans l'open-data (http://www.opendata71.fr/), a fait part de sa volonté de définir collectivement les données à ouvrir en instaurant un comité d'éthique, de 5 membres de la société civile ( une magistrate, un journaliste, un philosophe, un representant de l'UFC que choisir, un membre de l'INSEE,...), se réunissant régulièrement pour travailler sur des jeux de données ; il s'agit ainsi d'apporter un regard extérieur sur ces données, dans un objectif de transparence maximale. "On ne fera pas l'open-data seul", rappelait Pierre-Paul Pénillard du CG, pour expliquer ce fonctionnement. Cette définition collective des données est un véritable enjeu , permettant de déterminer les données intéressantes.

Ce sont d'ailleurs des familles d'acteurs nouvelles qu'il est intéressant d'amener autour de la table, afin d'enrichir les données, la connaissance.

Des actions de médiation nécessaires
L'open-data devra faire l'objet d'un développement concerté, au-delà des comités d'éthiques déjà existants dans certaines initiatives, pour devenir un véritable enjeu citoyen. Mais pour que les citoyens, justement, s'emparent des données après leur libération, il est nécessaire d'accompagner le développement des usages, en instaurant des mesures de médiation et de connaissance. Enfin cette rencontre entre démocratie et open data ne pourra se faire que par une mise en réseau des initiatives, croisant les champs de l'open data et de la transparence, et de la démocratie participative, afin de comprendre leurs exigences et leurs traditions.

 

La dynamique de l'open-data étant enclenchée, la question de l'appropriation par le plus grand nombre est aujourd'hui centrale. Cette thématique fera l'objet d'un groupe de travail en 2012 à la Fing...

 

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Les données des entreprises

publié le 30/11/2011 par Amandine Brugière, 0 Commentaires
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Le 5 octobre se tenait la 3e rencontre du groupe de travail Citélabo OpenData à la mairie de Paris, portant sur les données des entreprises. Il s’agissait de se demander si/comment la dynamique en cours dans le secteur public pouvait s’étendre au secteur privé. Les entreprises sont-elles prêtes à ouvrir leurs données ? Quels intérêts auraient-elles à le faire ? Voici un compte-rendu des échanges.

Aujourd’hui, les data sont partout : trace d’usages, de communication, de consommation, données personnelles, individuelles, collectives consolidées, historique de la relation clients, etc. Savoir capturer ces données, savoir les analyser sont des compétences à part entière, et participent même à la valorisation des entreprises : comme le prouve l’exemple de Facebook dont la valeur boursière repose exclusivement sur la « puissance » attendue des données individuelles récoltées.

Un sujet encore méconnu
Dans le domaine public la dynamique d’ouverture des données est quasi-irréversible: la directive européenne a initié le mouvement, tandis que les pays anglo-saxons en ont fait un véritable argument politique avec les portails Data.gov et . Le sujet de l’ouverture et de la réutilisation des données s’invite maintenant dans toutes les campagnes électorales, et les acteurs y sont familiarisés. Mais il n’en va pas de même du côté des acteurs privés.
Pour les entreprises, hormis celles qui en ont fait leur activité principale, il s’agit d’un sujet neuf, loin d’être approprié. C’est que révèle l’enquête de l’agence Blue Nove présentée par Martin Duval, et qui a donné lieu à la publication d’un livre blanc « Open Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ? » . Sur les 5000 contacts approchés pour l’enquête, seule une centaine d’entreprises a répondu. Et parmi elles, seulement 47% déclare savoir ce qu’est l’Open Data. Et quand le sujet est abordé, c’est de manière assez frileuse : ainsi seules les données « environnementales » ou « techniques » sont considérées comme étant partageables. Les données marketing, plus stratégiques, ne sont absolument pas abordées, explique Martin Duval.

Parmi les obstacles perçus à l’ouverture, se trouve bien sûr la volonté de garder le contrôle, et de ne rien livrer à la concurrence. Et quel intérêt en effet une entreprise aurait-elle à ouvrir ses données ?


Pourquoi ouvrir ?
Pour Nicolas Debock de la DIDES du groupe La Poste, plusieurs raisons peuvent être avancées, et valables aussi bien pour le secteur public que privé.
La première d’entre elles repose sur l’idée que si les entreprises ne le font pas, d’autres le feront à leur place. Cela est particulièrement vrai pour les entreprises qui tissent des liens directs avec leurs publics/clients finaux, comme le prouve cette initiative d’internautes français « Check My Map  » de redessiner les plans de métro parisien et d’obtenir par là la libre utilisation de ces données. Cette mésaventure de la RATP montre que la non-ouverture des données peut être – parfois - facilement déjouée, et que l’ouverture peut en outre enrichir les données ou la qualité d’un service rendu, par la co-production plus large rendue possible.
Deuxièmement il faut considérer les données comme étant aujourd’hui l’ADN de l’entreprise. Or selon la théorie de l’évolution de Darwin, « si on ne croise pas les gènes, on ne sera pas dans les espèces de demain ». Soit une deuxième bonne raison d’ouvrir.
Enfin, la troisième raison réside dans la conception même de la valeur en économie : la force de la valeur est d’être partagée. Tout le défi de l’open data entreprises consiste donc à réussir à créer de la valeur pour l’entreprise et pour le client. Les modèles économiques de type Premium offrent par exemple la possibilité d’ouvrir les données largement, de les faire connaître etde  permettre une création de valeur nouvelle (pour des tiers) tout en assurant des revenus à l’entreprise « source ».

De nouveaux métiers se profilent autour du marketing de la donnée. Peut-être aussi de nouvelles activités pour des entreprises en charge d’assurer la diffusion de la donnée, la maintenance des serveurs, etc. : des sortes de supermarchés de la donnée.  De nouveaux modèles économiques aussi tels que le montrent les exemples des géants de l’Internet, Google, Amazon, qui ont fait de la réutilisation des données via les API le cœur du modèle économique.

Si la réticence à ouvrir les données est forte aujourd’hui du côté des entreprises, à l’inverse, l’intérêt d’utiliser des données ouvertes est bien compris : particulièrement des données administratives, géographiques, de transport. Avec la précaution que ces données soient fiables, de qualité, et leur diffusion pérenne.


Les données « stratégiques »
Pour le groupe Laser, spécialiste de l’intermédiation et de la relation client, positionné sur le CtoB (Consumer to business), la question de la Data est centrale. De l’analyse des données, de la connaissance clients, des tendances de consommation émergeantes découlent directement des offres de services : crédit, assurances, relation client à distance… La donnée est stratégique. Dans ce contexte qu’est-ce qui peut être diffusé ou mutualisé sans risque ? La question n’est pas tranchée.

Mais toutes les données dont disposent les entreprises ne sont pas « stratégiques ». Beaucoup d’autres émergent, qui n’ont pas directement de valeur intrinsèque. Ainsi Thomas Perianu  de la direction du développement durable chez Suez Environnement confiait que l’entreprise récoltait des données sur la qualité physico-chimique des environnements : la hauteur des rivières, la présence de travaux sur la chaussée. Données dont ils ne font rien eux-mêmes directement – ou dont le potentiel n’est pas encore perçu -, mais qui pourraient intéresser d’autres acteurs.

Ces données nouvelles, crées au cours de l’activité, peuvent se révéler à forte « valeur ajoutée ». Comuto, l’entreprise gestionnaire du service covoiturage.fr se retrouve ainsi avec des données « en or », sans l’avoir prémédité. Les co-voitureurs, adhérents au site (plus d’un million quatre) déclarent les trajets qu’ils vont faire pour pouvoir les partager en ligne et trouver des co-voitureurs. De ces déclarations, il est possible d’en extraire des « données prédictives » (ou encore appelées « futur data ») sur le trafic. Celles-ci sont à même d’intéresser des organisations telles que Bison Fûté (qui établit lui ses prédictions à partir des années précédentes), des sociétés d’autoroute, des restaurants et autres structures d’accueil, hôtels, etc.
Les collectivités territoriales pourraient-elles inciter les professionnels territoriaux du tourisme à ouvrir leurs données « prédictives » de fréquentation ?


Les données personnelles
De ces exemples on voit qu’il suffirait d’un rien pour que la dynamique d’ouverture de données se lance massivement dans le secteur privé. Sans doute cela part-il d’une meilleure compréhension de la problématique « d’ouverture » car qui dit « open » ne dit pas tout ouvert, gratuitement, librement.

Le lancement du projet MyData  du gouvernement anglais de D. Cameron met en jeu open data et données personnelles, ce qui peut sembler antinomique de prime abord. Le projet repose sur le constat que les entreprises accumulent des données sur les consommateurs-clients, et que ces derniers n’ont presque rien en échange, ou tout juste quelques services en plus. Il propose donc que si l’entreprise sait quelque chose sur un individu, elle doit partager cette information avec l’individu en question. Il ne s’agit donc pas d’ouvrir les données personnes à tout va, mais de les rendre aux personnes concernées.
Cette posture pousse l’idée d’un commerce centré sur les personnes, où les citoyens-consommateurs pourraient reconstruire leur autonomie. C’est le projet VRM (Vendor Relationship Manager).
Cela croise en outre un mouvement singulier en plein développement : le « quantified self ».
Comment faire en sorte que cela produise de la valeur pour les entreprises et pas seulement pour les consommateurs ? Comment les applications vont-elles émerger ? questionne Daniel Kaplan. C’est ce que le groupe de travail FING « Mes infos »  commence à explorer.

Comment ouvrir ?
Sans doute existe-t-il mille et une façons possibles, pertinentes… La société GS1 gestionnaire des (Gen Code / Code barre) est venue présenter « proxi-produit » (un projet retenue dans l’AAP Proxima Mobile), un dispositif participant à la circulation des données entre fabricants et fournisseurs, et clients. Grâce à un système de lecture des codes barre par les téléphones, de nouvelles informations peuvent être diffusées à partir des produits vendus, transportés, etc. Par exemple des informations sur les données environnementales, etc.




Le sujet de l’ouverture des données entreprises fera l’objet d’un groupe de travail en 2012, à la FING. S’il vous intéresse d’y participer, n’hésitez pas à nous contacter.

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3E ATELIER CUB-CITÉLABO - PRODUCTIONS FINALES DES ATELIERS

publié le 28/10/2011 par Marine Albarede, 0 Commentaires
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La Fing anime une série de 3 ateliers de co-conception de services urbains innovants, dans le contexte et la dynamique d'ouverture des données en cours à la Communauté Urbaine de Bordeaux.
Ces ateliers réunissent des agents des services de la CUB, des entrepreneurs, des opérateurs de services urbains, des acteurs associatifs, des enseignant-chercheurs et des étudiants, des designers, des acteurs territoriaux, qui vont progresser ensemble au cours de ces 3 ateliers, avec comme objectif de produire une série de scénarios avancés de services ou d'applications s'appuyant sur la réutilisation des données la Cub.

Le 5 mai dernier avait lieu le troisième et dernier atelier CUB - Citélabo «Ville et données ouvertes  ».

Un premier atelier réunissait début 2011 divers acteurs, afin de réfléchir librement sur plusieurs thématiques : Nouvelles représentations du territoire, Vers une mobilité plus libre et plus durable, Co-construire la ville durable, et Données citoyennes.
Un deuxième visait à sélectionner pour chaque thématiques des idées à travailler, afin de produire une mini-scénario, sous la forme de piste d'innovation. 4 idées de projets en étaient issues : "Monnaie durable", "Crowdcubing", "GPS déroutant", "Au prochain arrêt".

L'atelier du 5 Mai venait donc clore cette série d'ateliers, en permettant de "muscler" ces 4 projets en vue de productions finales, de repérer les points de blocages et les moyens de les contourner, de se focaliser sur des aspects réellement transformateurs, l'ergonomie des services ou encore les partenariats.

La première partie de l'atelier était consacrée à la reprise de la réflexion sur les points bloquants identifiés au préalable, pour chaque projet.

- comment contourner ces points bloquants?
- quels partenaires possible?
- à qui ce projet s'adresse?
- comment est-ce que cela marche?

Une deuxième partie de l'après-midi était consacrée au challenge des idées produites par des participants venant d'autres groupes, sur un principe d'Avocat de l'ange / Avocat du diable.

Cette session a permis de consolider la réflexion sur chaque projet, en vue des livrables finaux.

Productions finales des ateliers

Cette journée de travail a permis de produire des projets détaillés ainsi que l'élaboration des livrables finaux des ateliers : 

  • Une fiche projet pour chacun des quatre projets travaillés
  • Deux vidéos, détaillant les scénarios des projets « Monnaie Durable » et « Crowdcubing  ».

 

CrowdCubing

S’inspirant de Wikipédia ou Openstreetmap, la plateforme Crowd Cubing ambitionne de fournir aux habitants et usagers du territoire les outils qui leur permettront de contribuer collectivement à l’enrichissement des données publiques libérées par la CUB et d’autres acteurs publics aquitains.
Partant du constat que certains des jeux de données auront besoin d’être complétés, mis à jour ou simplement corrigés, la plate-forme Crowd Cubing offrira toutes les fonctionnalités nécessaires pour mobiliser les citoyens et leur permettre de facilement contribuer à ces différentes opérations.

La plate-forme Crowd Cubing préfigure une nouvelle génération d’équipements publics numériques qui augurent de nouvelles formes de collaboration entre acteurs publics et citoyens d’un même territoire.

FicheProjet Crowd Cubing

 

Le scénario en vidéo :

Crowd-Cubing : co-produire les données avec les citoyens from videosfing on Vimeo.

 

Monnaie durable

L'Escubo est une monnaie complémentaire émise par la CUB pour valoriser et dynamiser les gestes durables et civiques sur le territoire. Un geste durable, comme l'utilisation d'un vélo en libre service, donne automatiquement droit à un ou plusieurs Escubos. L'Escubo permet d'accèder à tout ou une partie de services eux-mêmes durables ou à vocation civique, culturelle ou sociale : abonnements aux transports en communs, abonnement aux bibliothèques, visites de musées, certains spectacles, etc.
Plus encore, la valeur des gestes durables varie en fonction de l'état du territoire en temps réel – circulation, pollution atmosphérique, flux urbains en tous genres, etc. – mais aussi de l'histoire de l'usager – primes à la découverte, à la fidélité, à l'expérience, etc.

FicheProjet MonnaieDurable

Le scénario en vidéo :

Monnaie durable : des gestes citoyens et écologiques qui comptent from videosfing on Vimeo.

 

GPS déroutant

Le GPS déroutant propose de se laisser surprendre par son GPS pour découvrir la ville autrement, en fonction de ses goûts, du temps disponible et des émotions recherchées. Comment échapper au déterminisme induit par les processus d’aide à la décision, comme les GPS traditionnels qui nous font le plus souvent prendre le chemin le plus court ?
Le GPS propose à l’utilisateur de regarder autour de lui, de découvrir des points d’intérêts et aussi d’agir (parler à quelqu’un, un complice ou un ambassadeur). Tout en restant informé sur ce qui l’entoure et ce qui se passe à proximité, l’utilisateur peut enrichir le GPS et partager ses itinéraires avec l’ensemble de la communauté. L’application propose alors différents niveaux oscillant du peu déroutant au très déroutant.

Ce projet a déjà fait l'objet d'une appropriation par Thomas Parisot, un des participants des ateliers, qui l'a présenté lors d'un Start-up week-end à Bordeaux en mai dernier.
Renommé Pileecee, il a remporté le Start-up week-end et a reçu une prestation d'accompagnement pour aider à son développement.


FicheProjet GPSdéroutant

 

Correspondances (Au prochain arrêt)

Correspondances est le service d’information du reseau de transport de la CUB. Il offre des alternatives de correspondances pour construire son voyage urbain et profite de l’intelligence des voyageurs.

FicheProjet Correspondances

 

 

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